Texte de Hegel sur le travail

C’est par le moyen du travail que la conscience vient à soi-même. Dans le moment qui correspond au désir dans la conscience du maître, ce qui paraît échoir à la conscience servante, c’est le côté inessentiel, puisque la chose maintient son indépendance au lieu d’être objet de jouissance. Le désir s’est réservé à lui-même la pure négation de l’objet et ainsi le pur sentiment de soi-même.

Mais c’est justement pourquoi cette satisfaction est elle-même un état disparaissant, car il lui manque le côté objectif ou la subsistance. Le travail, au contraire, est désir réfréné, disparition retardée : le travail forme. Le rapport négatif à l’objet devient forme de cet objet même, il devient quelque chose de permanent, puisque justement, à l’égard du travailleur, l’objet a une indépendance.

Ce moyen négatif, l’opération formatrice, est en même temps la singularité de la conscience. Cette conscience, dans le travail, s’extériorise elle-même et passe dans l’élément de la réalité ; la conscience travaillant en vient ainsi à l’intuition de l’être indépendant, comme intuition de soi-même.

G. W. F. Hegel, Phénoménologie de l’esprit, 1807

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